Guilliers Clic ta berouette. " Le plus cher n'est pas toujours celui qu'on croit"

La vente de paniers bio est au beau fixe. Clic ta berouette booste la filière locale. Derrière le succès, l'asso doit faire face à son développement. La parole au président Gicquel

03/05/2017 à 14:33 par Amélie Loho

Jean-Luc Gicquel refuse le modèle intensif. Il défend depuis bientôt trente ans une agriculture tournée vers le bio. -
Jean-Luc Gicquel refuse le modèle intensif. Il défend depuis bientôt trente ans une agriculture tournée vers le bio. -

« Fraîchement élu à la présidence de l’association des paysans bio du pays de Ploërmel, quelles sont vos ambitions ?

Je n’ai pas d’ambitions personnelles. Il s’agit d’une association gérée par des paysans, pour des paysans. Cela fait quatre ans que nous existons, nous venons de redéfinir les rôles pour faire en sorte que les responsabilités tournent. Il fallait un président sur le papier mais les décisions sont prises à la collégiale par les producteurs associés. Notre ambition ? Relocaliser la consommation pour relocaliser nos emplois.

La vente de paniers a grimpé de 40 % en 2016. Comment expliquez-vous cet engouement ?

Que se soit pour des questions de santé, de préservation de l’environnement ou tout simplement pour le goût retrouvé des aliments, les gens veulent de plus en plus manger naturel. Ce n’est pas propre à Clic ta berouette, la Biocoop et l’AMAP se développent aussi. Il y a une prise de conscience des consommateurs.

La relative souplesse de votre concept n’explique-t-elle pas aussi votre succès ?

Moduler le contenu du panier et le rythme des commandes rassure effectivement les consommateurs. À croire que l’engagement fait peur !

Conserver la maîtrise de notre système

Vous composez une moyenne de 135 paniers par semaine avec des pics à 200 commandes enregistrées fin 2016. Comment parvenez-vous à suivre le rythme ?

Si on nous avait parlé de 200 paniers il y a quatre ans, on se serait sûrement pincés ! L’activité est telle que nous avons embauché une personne qui intervient 8 h par semaine pour nous aider à gérer l’administratif et la logistique. Se pose aujourd’hui la question de notre développement. Jusqu’où veut-on et peut-on aller ? Une chose est sûre : faire du chiffre pour faire du chiffre ne nous intéresse pas. Nous pouvons vendre plus mais nous voulons conserver la maîtrise de notre système.

Clic ta berouette est-il un débouché rentable pour les producteurs ?

Certains réalisent jusqu’à 30 % de leur chiffre d’affaires via le réseau. Il est à la hausse pour tous les producteurs. C’est un débouché solide. Qui pourrait sécuriser de nouvelles fermes dès lors que la demande est là.

Est-il possible de se nourrir exclusivement via clic ta berouette ou faut-il ressortir son cabas pour compléter une liste de courses du quotidien ?

Hormis le poivre, c’est possible. À mesure que nous nous sommes développés, le nombre de références s’est étoffé. Le site en référence, près de 200 à ce jour, de quoi varier quotidiennement les menus. En nous regroupant sous le même toit ? virtuel ?, l’objectif était de faciliter les « courses » des consommateurs. Le pari semble fonctionner, le panier moyen chiffré à 29,56 € en 2015 s’établit à 32,72 € en 2016.

Justement, que répondez-vous à ceux qui clament que le bio coûte trop cher ?

Deux choses. Chez les amateurs de bio, le prix n’est pas l’unique critère. Manger bio est un choix. Et le plus cher n’est pas toujours celui que l’on croit. Le comparatif mérite souvent le détour. Il est évident que sur des produits comme le beurre, on ne peut pas être compétitif. Je mets au défi les consommateurs de goûter du beurre fabriqué dans une petite ferme bio du coin ; rares sont ceux qui retournent en acheter dans les grandes surfaces. À l’échelle locale, le Groupement d’agriculteurs Bio du Morbihan (Gab 56) a démontré que l’on peut manger bio sans dépenser plus. Une trentaine de familles du Pays de Ploërmel avait pour objectif d’augmenter sa consommation sans augmenter son budget. Leurs relevés d’achats sont unanimes. Certains ont même réussi à alléger leurs factures. Mêmes résultats sur le Pays de Vannes. Ça donne à réfléchir, non ? Forcément, cela nécessite d’accorder un peu plus de temps aux repas en cuisinant davantage de produits de saison. Autre élément qui me semble important, l’agriculture conventionnelle n’est pas payée à sa juste valeur. Les manifs en témoignent. Là oui, l’écart peut se creuser.

Propos recueillis par Amélie Loho.

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