Ploërmel Défi zéro déchet à Ploërmel (épisode 3/5). C'est la lutte finale

Depuis bientôt trois mois, la famille Leroux-Lacombe est entrée en guerre contre les ordures ménagères. À coups de gestes éco-citoyens et d'une motivation de tous les instants, elle est en passe de mettre à genoux son adversaire.

27/04/2017 à 16:19 par Amélie Loho

Les parents Mathilde et Jean-Marie entourés de Charlie et Simon, deux de leurs trois enfants, posent devant leur poulailler fait main. -
Les parents Mathilde et Jean-Marie entourés de Charlie et Simon, deux de leurs trois enfants, posent devant leur poulailler fait main. -

Excité comme une puce au milieu des gallinacés, Simon, cinq ans, fait d’emblée les présentations :

Elle, c’est Cocotte, c’est ma poule. Charlie (le petit frère d’un an et demi ndlr.), a aussi la sienne qui s’appelle Zelda et pour Thibault (l’aîné de 12 ans ndlr.), c’est elle là-bas, Nuggets.

Dans la lutte endiablée qu’elle mène contre les déchets ménagers, la famille Leroux-Lacombe, guidée par Mathilde, la commandante en chef des opérations durant cette aventure écolo, ne lésine pas sur les moyens.

Après l’achat de lingettes lavables, de bocaux pour stocker les produits en vrac mais également d’une yaourtière, les parents ont accéléré le processus dans leur demeure ploërmelaise. Et cette fois, la révolution se passe en extérieur.

>> Lire aussi : Défi zéro déchet (épisode 2/5). Les poubelles n’ont qu’à bien se tenir

« On a mis en place un potager pour cultiver de la salade, des concombres, des courgettes, des fraises, du potiron Et puis, surtout, on a investi dans trois poules. Pour 5 euros pièce, on espère en tirer un ou deux œufs par jour chacune. Ce sera pas mal pour faire des gâteaux avec les enfants », plaisante la maman de 32 ans. Mais rendons au menuisier Jean-Marie ce qui appartient à Jean-Marie.

« C’est presque devenu un réflexe »

De la fabrication de l’enclos à la réutilisation des matériaux pour concevoir l’ensemble, l’homme de 35 ans a pris les choses en main. Pour le défi bien sûr mais aussi pour s’orienter durablement vers un nouveau mode de vie :

Au départ, c’est Mathilde qui a voulu tenter ce défi zéro déchets. J’ai suivi et petit à petit je m’y suis intéressé. Maintenant, à chaque fois que je peux réduire la consommation, j’essaye de le faire. C’est presque devenu un réflexe.

Et forcément, au niveau des chiffres donnés par le peson, le verdict est sans appel. Les poubelles tirent la tronche, la famille rigole. Mis à part Simon, dont l’avion en légos a été mis à mal, non sans un malin plaisir, par le petit Charlie…

« Au début de l’opération, on était à 142 kilogrammes tous déchets confondus. Pour le mois dernier, même s’il y a eu la tempête et que l’on a perdu pas mal d’aliments non comptabilisés dans l’affaire, on est seulement à 57 kg. C’est vraiment impressionnant », se félicite le couple, sous le regard approbateur des bambins, désormais occupés à dévorer les gâteaux faits maison.

« Pour la planète, ce n’est pas terrible »

Sur le tableau des 51 gestes alternatifs à adopter donné en exemple par le Sittom-Mi, les cases se retrouvent cochées les unes après les autres à vitesse grand V. D’une petite dizaine en février à bientôt trente aujourd’hui. Alors que le deal de base était de choisir au minimum deux nouvelles pratiques mensuelles.

Une évolution foudroyante même si certaines resteront vides quoiqu’il arrive. Question de principe. Et d’hygiène surtout… « Sincèrement, tout ce qui est couches lavables et toilettes sèches, je ne peux pas. Concernant la fabrication des produits d’entretien, pas de problèmes, je veux bien qu’on se lance mais pas pour ça », tempère Jean-Marie. Peu importe.

Sa compagne a plus d’un tour dans son sac pour continuer à vider les poubelles d’emballages superflus.

J’ai fabriqué mes propres sachets en tissu. Comme ça, lorsque je vais à la Biocoop, je me sers directement dedans. Même pour les gâteaux apéritifs, j’y trouve mon compte. Les gens me regardent un peu, ça fait bizarre, mais c’est cool , déclare, enjouée, l’infirmière de profession.

Qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

N’en déplaise à monsieur et à ses capsules fétiches pour machine à café :

Franchement, cela me met de plus en plus hors de moi. On essaye de limiter au maximum et là, devoir aller dans une grande surface pour acheter ce type de produit, ça m’énerve. Surtout que pour la planète, ce n’est pas terrible.

Afin d’éviter toute polémique sur la question, rien de tel qu’une bêtise signée Charlie pour fédérer les troupes. Et replonger tête dans le guidon dans le débat zéro déchets. Sous l’œil des présents cette-fois… « Dans la famille, on nous en parle beaucoup. Belle maman m’a même demandé de lui acheter des bocaux », s’exclame Mathilde. « En cadeau d’anniversaire, j’ai eu un livre sur le compost », ajoute son cher et tendre, visiblement ravi que la conversation ait changé de bord. Pour l’épisode quatre, promis Mathilde, un verre d’eau à la place d’un petit noir fera parfaitement l’affaire en guise d’accueil…

Sylvain Clément

Pour comprendre
Le Sittom-Mi (Syndicat intercommunal pour le transfert et le traitement des ordures ménagères du Morbihan intérieur) organise l’opération au sein de 26 foyers volontaires. Depuis le 1er février et jusqu’au 31 mai, les concernés, doivent, chaque mois, peser leurs déchets et tenter de réduire leur production d’ordures ménagères en adoptant de nouveaux gestes éco-citoyens.

56800 Ploërmel

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